Machu Picchu

Je viens de prendre place à bord du train pour Aguas Calientes, étape ultime avant de partir affronter la montagne le lendemain. Le service est entièrement formaté pour une clientèle de touristes avec ses fenêtres panoramiques et sa musique traditionnelle, mais le paysage fait très rapidement oublier cet aspect.

Le train suit un cours d’eau qui s’enfonce dans la montagne. La vallée semble se refermer toujours plus tellement les montagnes se rapprochent autant qu’elles s’étirent vers le ciel. D’ailleurs, rapidement il me devient difficile de le voir depuis mon siège côté fenêtre sans me contorsionner. Cela est à la fois oppressant comme une prison et rassurant comme un cocon de verdure. La végétation change et devient typique de la forêt vierge, l’Amazonie se fait proche. Je comprends pourquoi le Machu Picchu n’a été découvert qu’il y a 102 ans: le lieu est particulièrement difficile à atteindre !

Nous arrivons à Aguas Calientes. La ville contraste jusqu’à la nausée avec la majesté des lieux. Ici tout n’est que béton désordonné, constructions à la va vite pour accueillir le flot de visiteurs. Dans cette ville, on s’occupe aussi bien des touristes que de puits de pétrole: c’est industriel !

La nuit sera courte. Levés à 4h30 pour attraper les premiers bus qui montent vers le site convoité, nous nous retrouvons pourtant face à une longue fille d’attente à la station. Les bus défilent à un rythme effréné, il ne nous faudra que 15 minutes d’attente avant d’emprunter la route qui serpente dans la montagne. Le soleil se lève doucement, colore le ciel d’un dégradé d’oranges, les nuages se lèvent, dévoilent les montagnes, nous montons doucement en cahotant. Le spectacle me submerge d’émotions: je n’avais jamais vu de levé de soleil ! Une fois qu’un tel phénomène est observé, on peut comprendre pourquoi les incas vouaient un tel culte au soleil.

Nous pénétrons enfin sur le site qui commence à se chauffer des rayons de l’aurore, la brume couvre encore une partie des ruines, l’heure est idéal pour le découvrir. Cette vision est magique, aucune photo,  aucun récit ne transmettront la beauté du lieu. Notre guide prise pour l’occasion nous révèle les secrets de la ville en un peu moins de 2 heures pour nous permettre d’accéder à la montagne qui fait face. En effet, si la ville inca est visitée par 5000 personnes par jour, le Hyuana Picchu, plus fragile, n’est ouvert qu’à 400 chanceux sur 2 créneaux horaires limités.

La montée, parfois même l’escalade de la montagne, se révèle être particulièrement éprouvante pour les muscles mais aussi pour les nerfs. Les escaliers qui épousent le flanc de la montagne sont d’origine, le vide vertigineux n’est jamais loin. Les derniers mètres semblent des kilomètres tellement la crainte de chuter s’accentue. Mais une fois perché au plus haut point du temple, au sommet ultime de la montagne, les efforts laissent place à la récompense: une vue que peu auront.

Pour ne rien rater de ce lieu, nous prendrons le chemin le plus long pour redescendre qui nous amène au nord vers un autre site, si isolé que nous n’y croiserons qu’une dizaine de personnes. La contrepartie de cette visite sera un retour difficile: à nouveau des montées sans fin, à nouveau des escaliers et des échelles.

Après plus de 4 heures de marche, l’équivalent de 386 étages montés et autant redescendus, nous regagnons le Machu Picchu avec soulagement et la satisfaction d’avoir su se dépasser. Il est maintenant temps de rentrer à Cusco.

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